Mammana, y a-t-il encore débat ?

Jeune, cher, international, peu expérimenté mais promis à un futur radieux : Emanuel Mammana est arrivé à Lyon l’été dernier avec de nombreuses étiquettes sur le cartable. Alors qu’il a soufflé sa 21e bougie il y a à peine un mois, l’argentin semble peu à peu s’imposer au poste de défenseur central droit du côté de l’OL. Un enchaînement de bonnes performances qui arrive alors que l’OL traverse une très bonne période. Coïncidence ? Peut-être pas.

Mammana

Dans le football, on tire parfois beaucoup plus d’enseignements du langage corporel d’un joueur que de ses stats. Alliez les deux et l’analyse est souvent sans appel. Revoyez les images de Mammana totalement coupable (et perdu) sur l’ouverture du score de Monnet-Paquet dans le Chaudron lors du derby, le 5 février dernier. A l’image de son équipe : aucune hargne, aucune certitude tactique… Regardez maintenant le match de Mammana contre la Roma, jeudi dernier. A ne pas regarder derrière le maillot, on ne croirait pas avoir le même garçon devant les yeux. S’il n’est pas encore irréprochable, notamment dans les duels aériens, il apparait en tout cas sûr de lui dans ses relances et dans ses tacles (notamment sur Salah en deuxième période, par derrière sans toucher son adversaire). Bref, des performances qui collent un peu plus à sa réputation, et à son surnom de « Federer », acquis au centre de formation de River Plate.

Enfant de Nuñez et de Marcelo Gallardo

Né dans la province de Buenos Aires, Emanuel Mammana a connu une enfance difficile. À 6 ans, il perd sa mère. Rapidement repéré pour son football, il intègre le centre de formation de River Plate avec lequel il brille en catégories de jeunes. Le destin s’acharne une nouvelle fois, lui arrachant son père à l’âge de 15 ans. Le joueur n’a jamais voulu expliquer les circonstances de ces deux disparitions. Orphelin, il veut arrêter le foot. Dans le quartier de Nuñez à Buenos Aires où se trouvent les installations de River Plate, ses camarades du centre de formation et les éducateurs arrivent à le convaincre de rester.

Meneur de jeu à l’origine, Mammana recule peu à peu sur le terrain au fil des années. Au point de finir défenseur central. Son physique, longiligne, sa qualité technique et notamment de relance tranchent avec la moyenne argentine à ce poste. Rapidement, on le surnomme « Federer », car toujours propre et élégant. Quand Marcelo Gallardo prend les rênes de l’équipe première de River, Mammana n’a que 18 ans et intègre le groupe professionnel. Alors qu’il n’a jamais disputé la moindre minute en club, il est convoqué en A avec l’Albiceleste de Tata Martino. Et sans aucune minute en première division argentine au compteur, le minot devient international argentin avec sa première (et unique à l’heure actuelle) sélection contre la Slovénie.

Lyon plutôt que l’Atlético Madrid et la Fiorentina

Rapidement, le Cholo Diego Simeone le souhaite à l’Atlético Madrid. En septembre 2015, quand il recrute Kranevitter (qui ne viendra d’un commun accord River-Madrid qu’en décembre 2015), Simeone tente d’inclure Mammana dans le deal. Échec. La Fiorentina s’y intéresse aussi mais tente de la faire à l’envers aux Millonarios (« Millionaires », le surnom de River Plate, nldr) en revoyant le montant du transfert au moment de conclure l’affaire. La fourberie ne plaît pas aux dirigeants de River Plate qui décident de clore les négociations. Repéré par Florian Maurice qui officie à la cellule de recrutement de l’OL, Mammana signe finalement en juillet 2016 pour 7.5 millions d’euros. Une somme conséquente pour un joueur prometteur mais qui ne compte que 32 matchs en pro en Argentine.

L’adaptation est laborieuse, footballistiquement parlant. Mammana arrive alors que la défense lyonnaise est en pleine recomposition. Koné et surtout Umtiti sont partis, Diakhaby arrive en équipe première tandis que Rafael, Rybus et N’Koulou sont recrutés. A l’instar de l’équipe, Mammana réalise un début de saison décevant. Peu utilisé, sa condition physique est aussi minée par des pépins musculaires à répétition. Dans la hiérarchie des défenseurs, Genesio semble avoir fait de l’argentin son troisième choix.

Gagner en constance

Mais Lyon manque cruellement d’un premier relanceur. N’Koulou fantômatique puis parti à la CAN, seul Mammana dispose d’une telle corde à son arc dans l’effectif lyonnais. C’est donc un peu par défaut qu’il commence à enchaîner les matchs. A Saint-Etienne, ce fut un naufrage, on l’a dit. Mais depuis ce match, le défenseur qui cumule le plus de minutes à l’OL, c’est bel et bien Mammana. Depuis le derby perdu à Saint-Etienne le 5 février dernier, Lyon compte 9 matchs toutes compétitions confondues. Bilan : 7 victoires, 1 nul et 1 défaite (à Guingamp où Mammana était absent pour cause de blessure à une cheville).

Au-delà des stats, c’est le contenu de ses matchs qui est encourageant. Mammana est beaucoup plus efficace dans ses interventions en un-contre-un, s’autorisant même des dribbles pour relancer sans balancer devant. Il a été récompensé par son premier but sous les couleurs lyonnaises à Bordeaux. Ce soir-là, son match est encore une fois très solide. Seul point noir : il prend un petit pont sur le but légèrement hors-jeu de Vada. Symbole de cette nouvelle dimension de titulaire presqu’indiscutable : il est remplaçant lors du match retour face à Alkmaar afin de le faire souffler dans un match sans trop d’enjeu.

Pour Mammana comme pour l’OL, la semaine qui se profile sera décisive, avec le match retour à Rome et le déplacement au Parc des Princes dimanche prochain. Encore fébrile loin du Parc OL, Emanuel Mammana va connaître un double test en forme de révélateur. Fin mars, l’Argentine affrontera le Chili puis la Bolivie dans le cadre des éliminatoires pour le mondial 2018. Deux matchs déterminants puisque l’Argentine est seulement 5ème de son groupe. Emanuel Mammana n’a pas été convoqué et ces deux matchs face à la Roma et au PSG lui donneront l’occasion de faire mentir son sélectionneur, Edgardo Bauza. Et de montrer que malgré son jeune âge, il sait répondre présent pour des matchs couperets.

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Catégories : Olympique Lyonnais, Portrait

Auteur :Maxime Lictevout

Étudiant à Sciences Po Lille en 3A, j'ai 19 ans, toutes mes dents et une envie furieuse de devenir journaliste. J’écris ici: - https://maximelictevout.wordpress.com/ - https://blacksamerica.wordpress.com/ - http://misteur-mercato.com/

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