Krycho-vrac

Symbole d’un mercato d’été complètement foiré, Grzegorz Krychowiak a les deux pieds dans une situation impossible au Paris Saint-Germain. De retour d’un mois de blessure, il ne fera pas son retour à la compétition avec ses coéquipiers mais avec la CFA sur demande de son coach, fait aussi surprenant que rarissime. Rien ne laissait pourtant imaginer que la recrue la plus chère de l’été parisien, soldat d’Unai Emery pendant deux saisons sous le maillot du FC Séville et qui sortait d’un Euro solide, tomberait aussi bas en signant à Paris.

Et si c’était tout simplement une malédiction ? Sans tomber dans la superstition, il faut dire que la coïncidence est amusante : les quatre derniers joueurs à avoir porté le numéro 4 au Paris Saint-Germain ont tous été des flops absolus. Et si on pouvait penser que Grzegorz Krychowiak allait redonner sa vraie valeur à ce numéro, effaçant des registres ses prédécesseurs Milan Biševac, Yohan Cabaye et Benjamin Stambouli, la poisse attachée est visiblement plus forte. Car six mois après avoir signé au Paris Saint-Germain, le milieu polonais est en train de s’écrouler, lentement mais sûrement, suscitant dans sa chute une incompréhension généralisée.

Il faut dire que Grzegorz est arrivé dans des conditions idéales au PSG. Pour la recrue phare d’un mercato d’été placé sous le signe du renouveau, le PSG avait dégainé son plus beau stylo et signé un chèque de 30 millions d’euros, hors bonus, au FC Séville, quelques semaines seulement après lui avoir piqué son entraîneur. Krycho arrive donc en double terrain connu : il retrouve la Ligue 1, championnat qu’il connaît comme sa poche pour y avoir joué cinq saisons, et Unai Emery, entraîneur dont il a été le chien de garde à Séville, montrant les crocs sur 90 matches en deux saisons. Le but de ce transfert est clair et assumé : assurer en douceur une transition vers le système de jeu de coach Unai, et envoyer doucement Thiago Motta en pré-retraite pour installer Krychowiak dans le coeur du jeu au côté de Marco Verratti, dont on devine déjà qu’ils seront de parfaits compléments.

Pas de favoritisme

Mais à Paris, Unai Emery se confronte à une brutale réalité : le 4-3-3 installé par Carlo Ancelotti puis pérennisé par Laurent Blanc n’est pas si facile que ça à déboulonner. Et si la pré-saison, quasiment entièrement effectuée dans cette formation, a montré de belles choses, le coeur de ce système, à savoir le numéro 10 Javier Pastore, a renouvelé son abonnement annuel à l’infirmerie. Devant l’absence d’alternative, Emery se résout à continuer en 4-3-3, dans lequel les joueurs ont habitudes et petit confort. Or c’est un système, porteur d’une certaine philosophie de jeu, qui convient peu à un joueur comme Krychowiak, milieu défensif pur et dur sur l’homme, pas vraiment modelé pour assurer un jeu de possession. Le polonais enchaîne les performances décevantes et pâtit de la concurrence, que ce soit de Thiago « l’immortel » Motta comme de la confirmation Adrien Rabiot, souvent aligné à un poste de sentinelle par coach Unai.

Comme un symbole, en abandonnant l’idée d’un PSG à son image, dans ce 4-2-3-1 qu’il portait à Séville, Unai Emery a logiquement dû mettre de côté le joueur qu’il avait amené avec lui dans ses valises. Évidemment, les retrouvailles poussives du Polonais avec le championnat de France n’ont pas aidé. Ceux qui croyaient que Krycho aurait les faveurs du coach pour avoir déjà acquis un statut de titulaire avec lui à Séville se sont lourdement trompés : à Paris, Unai a remis les compteurs à zéro et s’est montré particulièrement dur avec ses recrues, en témoigne l’épisode Ben Arfa ou le cuisant échec Jesé. « Je connais bien Krychowiak, il peut faire plus, beaucoup plus sur le terrain. Je veux que Krychowiak s’améliore avec le ballon », lâchait ainsi le Basque après la performance plus que convaincante de son poulain contre Arsenal, match durant lequel sa rigueur défensive avait bien servi à museler l’armada offensive des Gunners.

Alors toujours est-il que, sévérité ou pas, Krychowiak passe complètement à côté de cette saison à Paris. Lui qui connait si bien la méthode Emery, et sait les exigences et les attentes de son coach mieux que quiconque, balbutie son football que l’on sait pourtant plus qu’éloquent. Ce passage par la CFA, pour un joueur de son niveau, est une anomalie qu’il doit régler. Krychowiak a largement ce qu’il faut pour s’imposer à Paris, s’il ne compte pas fuir au mercato d’été comme beaucoup le prédisent déjà. La première étape de cette opération reconquête ? Peut-être que changer de numéro, et revenir au 23 avec lequel il avait commencé son aventure parisienne, ne serait pas une mauvaise idée.

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Catégories : Paris Saint-Germain

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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