#MTBT : Et Thierry devint Henry

La semaine dernière, pour le tout premier épisode de cette série #MTBT (#MercaThrowBackThursday pour les intimes), on vous racontait le transfert de Ronaldinho au PSG. Un transfert qui a marqué le club de la capitale, mais qui a surtout marqué la carrière de l’homme, passé à Paris comme à travers un rite initiatique vers l’âge adulte. Pour ce deuxième numéro, il s’agit d’un transfert qui a avant tout marqué l’histoire d’un club. Ou comment, un jour d’août 1999, Arsenal a signé un joueur qui allait refaire de Londres la capitale du football anglais. 

« Quand j’enfilais ce maillot c’est comme quand Clark Kent enfile sa cape de Superman ». En 2014, à quelques jours seulement de la fin de sa carrière, Thierry Henry accorde un long entretien à L’Équipe Magazine, retraçant tranquillement vingt ans d’une immense carrière. Vingt ans qui auront vu l’attaquant porter les maillots de cinq clubs. Et pourtant Thierry Henry sera un peu toujours considéré un attaquant d’Arsenal, avec qui il aura eu une longue et puissante relation qui aura accouché d’une statue devant l’Emirates et d’un statut éternel de légende. Une histoire qui début le 3 août 1999, quand l’attaquant français quitte la Juventus Turin après un an pour signer à Arsenal. À l’époque, le deal est conclu pour un montant record : £11m, environ 90 millions de francs ou une quinzaine de millions d’euros. Une somme qui parait toute petite avec le recul.

L’équipe d’Arsenal commence alors sérieusement à avoir de la gueule. Le club venait à peine de recruter Davor Šuker, l’attaquant croate, en provenance du Real Madrid, et Thierry Henry retrouve à Arsenal deux champions du monde 1998, Emmanuel Petit et Patrick Vieira. Il trouve aussi et surtout à Arsenal des joueurs comme David Seaman, Tony Adams, Fredrik Ljungberg, Dennis Bergkamp ou Marc Overmars. Bref, une belle brochette de légendes. Les débuts sont poussifs, un peu. Henry doit ajuster son football dans ce championnat tellement particulier. Mais la marque des très grands joueurs est de savoir s’adapter. Savoir imposer leur grandeur n’importe où. S’il est muet lors de ses sept premiers matches de championnat, il ouvre son compteur le 18 septembre 1999, contre Southampton. Déjà décisif, il marque l’unique but de la victoire de son équipe, et surtout la première de 226 banderilles qu’il inscrira sous le maillot rouge et blanc.

L’immortel et les invincibles

Thierry Henry clôt sa première saison sans trophée, mais avec 17 buts en Premier League. La suite est une pente ascendante qui atteindra son sommet lors de la légendaire saison 2003-2004 : à la pointe de l’attaque des Invincibles, Thierry Henry boucle un championnat à 30 buts. À coup de plats du pied millimétrés, l’international français grave son nom dans la légende des Gunners, dont il devient le capitaine en 2005 après le départ de Patrick Vieira. C’est la même saison qu’il fait tomber le record de Ian Wright, inscrivant ses 185 et 186èmes pions un soir de Champions League sur la pelouse du Sparta Prague. Véritable machine à marquer, il affiche des statistiques monstrueuses : avec 27 buts en Premier League cette saison là (2005-2006), il enchaîne tout simplement sa cinquième saison à plus de 20 buts en championnat et rafle logiquement son 4ème titre de meilleur buteur de la Premier League. Thierry est devenu indispensable. Thierry est devenu inarrêtable. Thierry est tout simplement devenu Thierry Henry.

À Arsenal, Thierry Henry a donné tout son sens au mot légende. Et pourtant, le club londonien en a vu passer quelques unes. Mais en 2007, après une saison pourrie par les blessures, il a besoin de neuf. Besoin de se séparer de sa douce pour réveiller le compétiteur qui sommeillait en lui et qui, sevré de titres depuis deux saisons, commençait à grogner. Inévitablement, Thierry Henry et Arsenal devaient se séparer. « C’est une partie de moi qui est morte à ce moment-là. J’ai pleuré », confesse Henry façon « je suis un homme, mais j’ai des fêlures ». Et si Thierry est parti vendre du rêve à Barcelone, formant avec Samuel Eto’o et Lionel Messi une des plus belles triplettes d’attaque de la décennie, Arsenal n’a jamais oublié Henry. Et Henry n’a jamais oublié Arsenal. Aujourd’hui, une statue à son effigie trône devant l’Emirates Stadium, devant laquelle les supporters viennent se remémorer les plus grands moments de leur héros. Comme ce jour de novembre 2002 où, après avoir porté le ballon sur plus de quarante mètres, il crucifie le gardien de Tottenham Kasey Keller avant d’aller provoquer la tribune visiteurs. Il est désormais figé pour l’éternité dans cette position, humblement agenouillé devant un stade qui, s’il le pouvait, lui rendrait certainement la politesse.

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Catégories : Arsenal

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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