Payet, caprice payant

À chaque mercato son feuilleton. Et cet hiver, c’est le triangle amoureux entre Dimitri Payet, Marseille et West Ham qui a fait couler l’encre. Une aventure pleine de rebondissements qui a enfin trouvé son dénouement, après près d’un mois de tractations et de maillots brûlés : Dimitri Payet revient est de retour à l’OM, qui lance plus que jamais son « Champions project ».

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Il n’a pas eu besoin de beaucoup pour prendre sa décision, radicale et définitive. Des rumeurs, des on-dits d’un intérêt de l’OM pour un retour de Dimitri Payet il y a quelques semaines, puis une offre, immédiatement balayée par un West Ham pas du tout vendeur. En même temps, il n’y avait aucune raison, sur le papier, pour que ce transfert aboutisse : Payet a changé de dimension à West Ham, se révélant comme l’un des meilleurs joueurs de Premier League et affolant YouTube de temps à autres d’un petit coup-franc léché dont lui seul a le secret. On lui dédie un chant, très catchy, que l’on entend même dans les tribunes d’un Euro durant lequel le Réunionnais a également brillé, confirmant qu’il pouvait, désormais, être considéré comme un grand joueur. Et pourtant, il n’a fallu qu’une offre, une offre refusée par West Ham en provenance de Marseille pour que Payet disjoncte. Immédiatement, il le sait : il ne jouera plus une seule minute pour ce club qui a décidé de son avenir sans même le consulter. « Nous avons déjà dit que nous ne voulions pas vendre nos meilleurs joueurs, mais Payet ne veut plus jouer pour nous, confiait Slaven Bilic en conférence de presse le 12 janvier. Cette équipe, ce staff, nous lui avons tout donné. On a toujours été là pour lui. Je me sens trahi. Je suis en colère. »

Tête de gondole du Champions club

Alors West Ham a résisté, longtemps, essayant de raisonner le joueur et de le convaincre de ne pas partir, du moins pas tout de suite. Mais « ce n’est pas une question d’argent » affirmait Bilic. Une question de coeur, alors ? En début d’après-midi, le joueur tweetait depuis le tarmac, juste avant de poser ses fesses dans un jet direction la Canebière, sa joie de rentrer « à la maison ». Un retour aux sources, un an et demi après son départ, pour lequel il se délesterait d’environ 30.000€ hebdomadaires et a sérieusement terni sa réputation. C’est presque trop beau pour être vrai, trop beau pour ne pas y trouver une pointe d’ironie : il y a 18 mois, c’est un OM au fond du trou et incapable de répondre à ses exigences salariale qu’il quittait. Aujourd’hui, c’est un OM aux ambitions retrouvées et au portefeuille bombé à qui il fait les yeux doux. Englué dans le ventre mou du classement avec West Ham, Payet a peut-être vu en Marseille une belle porte de sortie, et l’occasion de revêtir à nouveau le costume de héros dans le club qui lui a permis de changer de dimension. Il a peut-être aussi cédé à la pression de sa femme, qui dit-on a lourdement insisté pour que son mari leur fasse retrouver le sud.

Bref, une histoire d’amour un peu belle pour être totalement honnête, avec des méthodes franchement discutables, mais qu’importe au final. Car pour Marseille comme pour la Ligue 1, aujourd’hui est un jour de fête : avec son « Champions project », l’OM a réussi à faire revenir en France un international confirmé, qui faisait partie des trente short-listés pour le Ballon d’Or. Pour le championnat de France, qui a plutôt l’habitude de perdre ses grands talents à la concurrence plutôt que l’inverse, c’est forcément une très bonne chose. Pour Frank McCourt, Jacques-Henri Eyraud et tous les artisans du « Champions Project » marseillais, c’est tout simplement un coup de maître. Avec Payet, ils recrutent un joueur de classe mondiale, un grand nom courtisé par les plus grands clubs l’été dernier, un joueur qui fait le spectacle. Mais surtout, ils recrutent un nom qui leur apportera le coeur des supporters marseillais. Un nom qui rappelle la douce époque des Bielsa, Gignac, Ayew, Imbula, Mendy, Mandanda et qui s’était effondrée en très peu de temps. En choisissant Payet, 29 ans, pour être la tête de gondole du « Champions project », McCourt et compagnie ont tout bon sur le papier. Reste désormais à voir comment ça va se concrétiser sur le terrain. Car si les ambitions sont là, l’effectif marseillais est encore en chantier, et les travaux encore loin d’être finis. Dimitri Payet portait déjà West Ham sur ses épaules cette saison, il va désormais devoir porter l’OM.

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Catégories : Olympique de Marseille

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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