#MTBT : Ronaldinho, un roi parmi les princes

Le PSG vient de l’annoncer, un personnage très spécial donnera le coup d’envoi du choc contre Monaco ce dimanche au Parc des Princes. Un personnage très spécial tant il a marqué le football européen, avec qui l’histoire d’amour commence au printemps 2001. Le 10 avril, plus précisément, Ronaldo de Assis Moreira a.k.a. Ronaldinho découvre l’Europe lorsqu’il signe au Paris Saint-Germain. Le jeune brésilien n’a alors que 21 ans, porte les cheveux courts et des maillots manches trois-quarts, et va danser sur la Ligue 1 pendant deux ans, entre deux soirées vomi en boîte de nuit. 

Ronaldinho

Depuis sa création, le PSG entretient une longue et belle relation avec les joueurs brésiliens. Une trentaine de noms en tout jalonnent l’histoire du club, du meilleur (Raï, Valdo, Leonardo, Nenê, Ricardo) au moins meilleur (Everton Santos, Williamis Souza … on va s’arrêter là hein). Et puis, presque comme un mythe, un nom qui semble toujours ressortir du lot. Un nom qui fait encore trembler le Vélodrome et le Roudourou, qui évoque des chevilles brisées, des reins qui tombent au sol, des défenseurs hagards et des gardiens désemparés : Ronaldinho, ambassadeur éternel du football samba, meneur de la plus grande équipe nationale de tous les temps et plus beau sourire de l’histoire du ballon.

Les débuts d’un génie absolu

Nous sommes encore loin, très loin de l’époque où le PSG, gavé d’argent par le Qatar, surpaye (légèrement) ses joueurs. 10 Avril 2001, le PSG, alors présidé par Laurent Perpère, flaire le bon filon et arrache au Barça et au Milan un Ronaldinho qui arrive en fin de contrat au Grêmio pour une somme qui aujourd’hui paraît dérisoire : 5 millions d’euros. Ronnie, lui, surprend son monde en choisissant la Liguain pour traîner sa démarche légère et son sourire plein de dents. Un choix simplement expliqué par une volonté de ne pas commencer trop gros, un peu comme quand tu joues à FIFA pour la première fois et que fais tes premiers matchs en semi-pro, histoire de t’acclimater au jeu et de pas te prendre des branlées à chaque match. Le championnat de France, championnat certes huppé mais pas franchement élite niveau jeu, constitue une introduction parfaite à l’Europe du football pour le jeune brésilien.

Et côté terrain, Ronaldinho a laissé quelques souvenirs impérissables au Paris Saint-Germain. Dès sa première saison, on découvre un gamin facile, au dessus de la mêlée, à la technique épatante. Une technique qui lui permet de briller lors des grands rendez-vous, notamment les « Classiques » contre l’Olympique de Marseille qu’il marque toujours de son empreinte. Et c’est finalement le reproche qu’on lui fera toujours : au PSG, c’est un Ronnie sûr de sa force qui a joué quand bon lui semblait, choisissant ses moments pour performer et laissant ronfler son génie le reste du temps. Il n’en reste pas moins à l’origine de quelques moments mémorables : son but d’anthologie sur le terrain sableux du Roudourou, sa demi-finale de Coupe de France contre Bordeaux en 2003, les deux Classiques de la saison 2002-2003 qu’il gagne presque à lui tout tout seul sont les images qui restent gravées dans les mémoires. Mais plus que ces moments de folie, ce sont les dribbles, les feintes, les gestes techniques, les passes à l’aveugle, l’élégance, l’intelligence, cette façon qu’avait presque Ronaldinho de danser sur le terrain qui ont marqué le PSG et la Ligue 1. Si Ronaldinho a donné à beaucoup de gamins une certaine définition du football et du plaisir, c’est sur les terrains de notre cher championnat de France que ce génie a pris racine.

Désamour et nuits de folie

Tout le paradoxe qui entoure le passage de Ronaldinho au PSG, c’est celui d’un génie sporadique, emprisonné entre le train de vie nocturne du numéro 10 et la relation délétère qu’il entretenait avec Luis Fernandez. S’il fait les efforts nécessaires pour s’adapter à l’Europe lors de sa première saison, lors de laquelle sa famille l’entoure à Paris, 2002-2003 marque la détérioration des relations entre le joueur et son coach. D’un côté, un génie qui découvre les bons et les moins bons plaisirs engendrés par la fame, de l’autre un coach têtu qui tente désespérément de s’imposer face à un joueur devenu entre temps champion du monde et qui se sait courtisé par les plus grandes écuries européennes. Ronaldinho se sait en position de force, sait qu’il succombera au chant des sirènes à la fin de la saison quoiqu’il advienne, et en profite naturellement. « Ronaldinho ne s’entraînait pas de la semaine. Il arrivait le vendredi pour jouer le samedi » confiait Jérôme Leroy sur SFR Sport en Septembre dernier.

Comme s’il puisait sa force dans ce train de vie infernal, Selim Benachour confiait tout récemment qu’il était capable de sortir un match formidable après une méchante cuite et un gros vomi à 5h du matin. Luis Fernandez lui-même racontait : « Les mecs qui s’occupent de la sécurité au Parc des Princes, c’est les mecs qui travaillent dans les boîtes de nuit ! Et ils ne font que te dire: « On a vu Ronnie ! » Et quand un jour, il te fait monter une fille à l’hôtel en mise au vert, tu peux plus accepter ! » En deux ans, Ronaldinho a montré au PSG un concentré de ce qu’il pouvait offrir : du génie et de l’alcool, les deux en grande quantité. Et c’est là qu’il est fort, parce que même en deux ans et en étant en conflit avec un entraîneur qui prenait du plaisir à le faire polir la banquette, Ronaldinho restera à jamais dans l’histoire du PSG. Un PSG qui l’honorera et lui remettra ce dimanche, en marge du match contre Monaco, un trophée symbolique. Car malgré toutes ces histoires, toutes ces dérives, toutes ces emmerdes, tous trouvent toujours la même excuse au Brésilien : c’était Ronnie.

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Catégories : #MTBT, Paris Saint-Germain

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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