Les Sounders pour l’histoire

Le suspens aura duré, insoutenable, jusqu’au bout de la nuit. Dimanche, sur les coups de 6 heures du matin à l’heure française, au terme de 120 minutes de jeu sans but et d’une séance de pénaltys, les Seattle Sounders se sont adjugés une finale de MLS Cup historique avant même le coup d’envoi. Un premier sacre dans l’histoire de la franchise de l’état de Washington, qui est devenue la onzième équipe à soulever le trophée en battant une formation de Toronto pourtant largement dominatrice. Mais visiblement, le jour n’est pas encore venu où une équipe canadienne gravera une feuille d’érable au palmarès du soccer américain. 

sounders

Seattle dominé, Seattle asphyxié, Seattle (très) chanceux, mais Seattle vainqueur. Sous les températures négatives et sur la pelouse presque glacée du BMO Field de Toronto, les Sounders et leur maillot vert fluo ont écrit samedi soir l’histoire d’une Major League Soccer, qui, une fois encore, a sacré un total outsider. La MLS Cup ne traversera donc pas la frontière, et n’aura même que quelques kilomètres à faire pour rallier sa nouvelle maison depuis Portland, tenant du titre et absent des play-offs cette saison.

Une finale historique et un gardien monstrueux

L’occasion était pourtant belle pour Toronto. Pour la première fois de l’histoire, une équipe non-américaine parvenait à se hisser en finale de la MLS Cup. Et vu la gentille rivalité qui existe entre les deux pays, on aurait bien aimé voir la tronche des américains si Seattle avait perdu. On aurait payé, même. Emmenés par une attaque flamboyante toute la saison, auteure de 17 buts en 5 matchs de playoffs, la franchise canadienne faisait clairement office de favorite face à des Sounders dont le début de saison catastrophique n’aurait jamais laissé deviner un tel parcours. Un joueur en particulier a fait revivre les Reds depuis deux saisons : Sebastian Giovinco, 17 buts et 15 assists cette saison, et qui est déjà, avec 40 banderilles, le meilleur buteur de l’histoire du club.

La force de frappe offensive était clairement l’argument majeur de Toronto dans cette finale. Et devant leur public, les canadiens ont fait le spectacle : malgré un score nul et vierge au terme des 90 minutes de jeu, les Reds ont littéralement assiégé la surface des Sounders, incapables de répliquer : 17 coups de fusil pour les canadiens, dont 7 cadrés, contre trois tentatives pour aucune cadrée côté américain. Franchement, même Cavani aurait fait mieux. Et si l’attaque n’a pas trouvé la solution, la défense, elle, a fait le travail. Dernier rempart des Sounders, le portier suisse Stefan Frei a sorti ni plus ni moins que d’un match de porc, littéralement écoeurant pour les attaquants adverses. Sa parade sur Jozy Altidore en prolongation résume parfaitement son match : un sauvetage à l’arrachée sur sa ligne qui a duré 120 minutes.

Une victoire inédite et une défaite amère

La suite de l’histoire est celle de ces finales frustrantes qui laissent des regrets : 120 minutes sans buts, et la loterie des pénaltys qui récompense l’équipe qui n’a fait qu’encaisser les coups. C’est dur, c’est cruel, mais c’est toute la beauté et toute la laideur du sport. « Perdre dans ces circonstances, ça fait très mal » s’est exprimé le coach de Toronto, Greg Vanney, pour qui le match s’est juste résumé en une série de séquences de jeu frustrantes. « Ils avaient du monde autour de leur but et dans la surface. Dès que l’on se trouvait dans cette zone, on n’arrivait pas à faire la bonne passe ou à réussir le dernier geste. Quand on a réussi à frapper, on a manqué le cadre. Et pour les quelques fois ou on a cadré, Frei a fait les arrêts ».

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour Seattle, c’est la conclusion en apothéose d’une saison éprouvante, qui a commencé de la plus mauvaise des manières : en juillet, après 20 matchs, Seattle affichait 12 défaites sur les 20 premiers matchs et pointant à l’avant-dernière place de la conférence Ouest. Peu après, le club se sépare de son entraîneur, Sigi Schmid. C’est le début de la remontada la plus folle de l’histoire de la MLS : les Sounders remportent 8 de leurs 14 derniers matchs, n’en perdent que deux, et attrapent in extremis le train des playoffs quand les voisins et tenants du titre Portland restaient à quai. Avant le match, l’actionnaire majoritaire du club Adrian Hanauer confiait à ESPN : « Peu importe ce qu’il se passe le 10 décembre, cette année a été la pire de ma carrière dans le football. On a eu des hauts et des bas, mais les bas ont été vraiment durs. » Sa fin de saison en trombe a permis aux Sounders de soulever un trophée. Et de savourer, surtout, ce quart d’heure de gloire, car ils savent que leurs chances de conserver leur titre l’an prochain sont minces. Comme l’a dit Stefan Frei,  les Sounders ont tout simplement « saisi [leur] chance d’entrer dans l’histoire. »

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Catégories : Major League Soccer

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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