Les grands gagnants du mercato – épisode 3 : la Premier League

Bon les amis, trêve de galéjades : alors que les sites d’information sportifs cherchent désespérément un sujet à traiter voire scrutent déjà les tendances pour janvier, il est grand temps de tirer un premier bilan de ce mercato. Si certaines équipes n’ont pas recruté à la hauteur de leurs besoins ou de leurs espérances (enfin surtout celles de leurs supporters), d’autres ont réalisé un mercato sérieux de bout en bout, alliant bonnes affaires et nez creux pour un savoureux cocktail de recrutement parfait. Quelles sont ces équipes, et pourquoi leur mercato pue l’intelligence à trois kilomètres ? Je vous dis tout. Aujourd’hui, petite escale à un milliard et demi d’euros par l’Angleterre et sa grande folle de Premier League.

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Cet été, l’Angleterre a battu tous les records en terme de mercato. Spoiler alert : ce n’est que le début. Commençant doucement à ressentir les effets du nouveau contrat de droits télévisuels sur leurs finances, les clubs anglais ont dépensé sans compter. Treize des vingt clubs de Premier League ont même fait tomber leur transfert record cet été : Manchester United bien sûr (Paul Pogba, 105M€), Tottenham (Moussa Sissoko, 35M€), Leicester (Islam Slimani, 30M€), Crystal Palace (Christian Benteke, 31M€), West Ham (André Ayew, 24M€), Southampton (Sofiane Boufal, 18,7M€), Swansea (Borja Bastón, 18M€), Bournemouth (Jordon Ibe, 18M€), Sunderland (Didier N’Dong, 16M€), West Bromwich (Nasser Chadli, 15,2M€), Watford (Isaac Success, 15M€), Hull (Ryan Mason, 15M€) et Burnley (Jeff Hendrick, 11,8M€). Ça fait beaucoup d’argent, 1,38 milliards d’euros pour être précis. Mais tous les clubs n’ont pas dépensé cet argent intelligemment, et seuls quelques uns se démarquent dans cette marée de gens riches.

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Manchester United : de retour au sommet

Depuis le départ de Sir Alex Ferguson, les mercatos se suivent et se ressemblent pour Manchester United : ça dépense des sommes folles dans des joueurs qui s’avèrent être des flops absolus, et qui finiront par pourrir sur le banc ou par être vendus au plus offrants. L’un des clubs les plus puissants et les plus emblématiques du monde avait entamé une longue et douloureuse descente aux enfers, enchaînant les performances bien pauvres en championnat. Manchester était devenue une citadelle prenable, et ça ce n’était pas possible.

Fort de son contrat juteux passé avec adidas l’an passé et donc de ce robinet d’argent frais offert par les droits télés, Manchester a enfin réalisé un mercato à la hauteur de ce que devraient être ses ambitions, et ça sans même prendre jouer de coupe d’Europe cette saison. Nul besoin évidemment de revenir sur le transfert de Paul Pogba (23 ans, Juventus, 105M€), qui a littéralement affolé la planète football pendant plus d’un mois et demi avant de connaître un dénouement spectaculaire.

Pogba n’a été que la cerise sur le gâteau d’un mercato mené d’une main de maître qui aura vu Manchester recruter certes peu (quatre joueurs) mais juste : Éric Bailly (22 ans, Villarreal, 38M€) était la première recrue de l’été, et même si son arrivée a été au centre des débats (notamment concernant son prix), il prouve depuis quelques matchs qu’il est peut-être le défenseur que Manchester attend depuis des années. Zlatan Ibrahimovic, bien sûr, a lui rejoint le club gratuitement après l’expiration de son contrat au PSG. Malgré le recrutement d’Anthony Martial l’été dernier et l’éclosion de Marcus Rashford, Manchester, compte tenu en grande partie de l’évolution du jeu de Wayne Rooney, avait besoin d’un grand buteur. Alors recruter l’un des meilleurs attaquants du monde pour pas un sou, ça s’appelle un joli coup. Enfin, Manchester a lâché un peu plus de 40 millions d’euros pour l’Arménien Henrikh Mkhitaryan (27 ans), qui a enchaîné les grandes saisons avec le BVB.

Alors certes, la facture affichait quelques 185 millions d’euros à la fin du mois d’août, mais Manchester semble enfin avoir mis de l’ambition et de la volonté sur ses grands moyens. Déjà membre régulier du top 3 des clubs les plus riches de la planète, les Red Devils devraient prochainement prendre seuls (et largement) la tête de ce classement. Si ça nous fait revivre le grand Manchester des années 1990-2000, c’est un grand oui.

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Manchester City : le Pep effect

Quand on a les fonds dont dispose Manchester City, difficile de ne pas réussir un mercato. Habitué aux transferts retentissants, les citizens ont toutefois un poil innové cet été en axant tout particulièrement leur mercato sur la jeunesse. Et quand on voit ce que Pep Guardiola a réussi à faire de ses jeunes, que ce soit au FC Barcelone, au Bayern Munich, où déjà à Manchester City qui a vu Raheem Sterling littéralement renaître de ses cendres en ce début de saison, on se dit que c’est une stratégie qui peut s’avérer payante.

Alors forcément, quand on s’appelle Manchester City et qu’on veut du jeune talent, on les paye les prix fort. John Stones (22 ans, Everton, 55,6M€) et Leroy Sané (20 ans, Schalke 04, 50M€) en sont les symboles. Aussi talentueux soient-ils, et malgré ce qu’ils apportent au onze mancunien, payer 105 millions d’euros pour ces deux joueurs relève de la folie, pure et simple. Manchester City a également scouté en Amérique du Sud, et en a ramené deux joueurs dont l’évolution sera à surveiller de près : Marlos Moreno (19 ans, Atlético Nacional, 5M€), jeune ailier gauche colombien, et Gabriel Jesus (19 ans, Palmeiras), l’une des dernières sensations du championnat brésilien, arrivé pour un peu plus de 30M€.

Avec Pep sur le banc et ces quatre jeunes additions à son effectif, sans compter ceux déjà présents au club, City a certes fait de ce mercato 2016 un mercato d’avenir mais n’en a pas pour autant oublié le présent. Nolito (29 ans, Celta Vigo, 18M€), Claudio Bravo (33 ans, FC Barcelone, 18M€) et Ilkay Gundogan (25 ans, Borussia Dortmund, 27M€) ont également rejoint City. Trois renforts précieux pour un groupe qui ambitionne certainement de réitérer – voire de dépasser  – la performance de l’année dernière en Ligue des Champions.

Seule ombre au tableau (car il en faut bien une), la façon dont Joe Hart a été traité était particulièrement abjecte. Un gardien de sa qualité, qui était certainement le dernier joueur « emblématique » de Manchester City, ne méritait pas ça.

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Tottenham : tout miser sur la continuité

Sous la houlette de ce bon vieux Mauricio Pochettino, Tottenham s’est affirmé comme l’une des équipes à battre de Premier League grâce à une génération dorée composée de quelques uns des meilleurs jeunes joueurs anglais. Un groupe solide, soudé, cohérent, qui joue un football plaisant et que le coach argentin n’avait donc, a priori, aucune raison de bouleverser cet été. Mais avec cette troisième place acquise la saison passée et la Ligue des Champions qui arrive, Tottenham devait tout de même se renforcer, ce que les Spurs ont très bien fait.

Avec quatre joueurs arrivés cet été, Tottenham a ajouté à la fois fraîcheur et expérience à son effectif, réalisant les retouches justes et nécessaires. Évidemment, l’arrivée de Moussa Sissoko (Newcastle, 27 ans, 35M€), bouclée dans les derniers instants du deadline day, sonne comme le gros coup du mercato tant l’international français était courtisé en ce mercato post-Euro. Au milieu de terrain, les Spurs ont également enregistré l’arrivée, moins retentissante mais tout aussi intéressante, de Victor Wanyama (25 ans, Southampton, 15M€), milieu défensif ultra physique et joueur clé de Southampton depuis plusieurs saisons.

Les Spurs ont également recruté intelligent en signant Vincent Janssen (22 ans, AZ Alkmaar, 22M€), révélation de la dernière saison d’Eredivisie et que beaucoup ont envoyé au PSG cet été. Une solution plus que potable à Harry Kane, qui n’avait pas vraiment de remplaçant la saison dernière et qui aura bien besoin de souffler cette saison. Je suis en revanche un peu plus sceptique concernant Georges-Kévin NKoudou (21 ans, OM, 11M€), dont la trajectoire ressemble pour moi à tant d’autres « pépites » de Ligue 1 qui ont voulu gravir trop vite les échelons. Son profil est très similaire à celui de N’Jie (qui a fait le chemin inverse), et je ne serais pas étonné qu’il ait la même réussite que lui outre-Manche. Même si j’espère me tromper.

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Leicester : un champion qui a de la gueule

Cet été, le plus grand défi pour le champion en titre Leicester n’était pas tant de se renforcer que de convaincre les artisans du titre de rester au club. Heureusement, Leicester est un club anglais et avait donc les moyens, contrairement à d’autres clubs qui ont vécu le même genre de situations, de conserver ses meilleurs éléments cet été. Malgré des rumeurs quotidiennes concernant les avenirs de Jamie Vardy, et surtout de Riyad Mahrez, Leicester a réussi à ne perdre que N’Golo Kanté. Et ça, ça fait déjà un mercato réussi pour les Foxes.

Surtout qu’à côté de ça, Leicester s’est bien renforcé, intelligemment. Si les champions n’avaient pas vraiment les moyens d’empiler les grands noms, ils se sont fait plaisir tout continuant de miser sur des joueurs à fort potentiel. Les stars de ce mercato sont incontestablement Islam Slimani (28 ans, Sporting, 30M€), brillant avec le Sporting depuis plusieurs saisons et qui va vraiment apporter quelque chose en plus à l’attaque de Leicester ; et Ahmed Musa (23 ans, CSKA Moscou, 20M€), dont la vitesse a fait des ravages en matches de pré-saison.

Pour remplacer N’Golo Kanté, les Foxes ont fait confiance à un autre milieu venu de Ligue 1 : Nampalys Mendy (24 ans, OGC Nice, 15,5M€), une solution à moindres frais et dont le profil se rapproche sensiblement de celui de l’international français. Leicester a également frappé un grand coup en signant Bartosz Kaputska (19 ans, Cracovia Krakau, 9M€), immense espoir polonais.

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Watford : le mercato de l’ambition 

Ce qui est cool avec l’Angleterre, c’est que tous les clubs ont des moyens. Donc même le 13e peut faire un mercato de bonhomme. En l’occurrence, Watford a sacrément bien recruté (13 recrues, quand même), et peut a priori nourrir de meilleures ambitions cette saison.

Côté gros coups, Watford a quand même flairé quelques très belle affaires cet été : Isaac Success (20 ans, Grenade, 15M€), jeune attaquant nigérian courtisé par quelques grands clubs cet été, est devenu la recrue la plus chère de l’histoire du club ; Roberto Pereyra (25 ans, Juventus Turin, 13M€) est arrivé de la Juve avec du talent à revendre ; les Hornets ont également recruté Daryl Janmaat (27 ans, Newcastle, 9M€), Younès Kaboul (30 ans, Sunderland, 4M€), Kenedy (20 ans, prêté par Chelsea), Camilo Zúñiga (30 ans, prêté par Naples) et ont fait revenir Adrian Mariappa (29 ans, libre).

Ça fait de très beaux noms sur le papier, et ça peut faire quelque chose de très intéressant sur le terrain. Surtout si ce bon Étienne Capoue continue à marquer but sur but.

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Catégories : Angleterre, Le Bilan

Auteur :Alexandre Aflalo

Papa du petit Misteur Mercato. Saltimbanque semi-pro à Sciences Po Lille, je vis de Papus Camara et d'eau fraîche. Amoureux de Lucas parce qu'en verlan son nom ça fait "Amour"

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