Des vendredis comme ça, on en voudrait toutes les semaines

Le décalage horaire, parfois, ça a du bon. Enfin surtout quand ça te permet d’aligner trois matchs à la suite. Une fois n’est pas coutume, on pouvait vivre au rythme du football ce vendredi à Buenos Aires. Trois matchs, trois ambiances, et surtout de sacrés ascenseurs émotionnels.

Joie Bleus

France-Roumanie : « La Réunion mon frère, celui-là je le connais »

16h, un vendredi, un bar, à la louche une centaine de frenchies : quoi de mieux pour entamer cet Euro 2016 ? Une (petite) partie de la communauté française à Buenos Aires (la deuxième communauté d’expats après Londres, s’il vous plaît) s’est donné rendez-vous hier au Merval, histoire de descendre ensemble bières et pastis dans une ambiance très festive. La Marseillaise résonne une première fois, les premiers paris sont pris. Buenos est globalement optimiste et voit surtout du 2 à 0 ou du 3 buts à 1, pour les Bleus bien sûr.

La première mi-temps est plus que stressante. Soupirs et mots d’oiseaux vont de pair quand Evra se fait déborder une énième fois, quand Pogba la joue dillétante ou qu’Oliv’ ne cadre pas ses deux occasions de la tête. Les joueurs, certains ou certaines n’en connaissent aucun, mais l’important n’est pas là. « On joue comme des chèvres ». Et c’est pas vraiment faux. Une bière et une pause clope plus tard, il reste 45 minutes aux bleus pour montrer un autre visage. Et 45 minutes à certaines personnes pour chanter plus fort. « Maxime, on t’entend pas chanter putain ! Chante avec nous ! ». Le fait que notre prestation ne porte pas à l’enthousiasme n’est apparemment pas une excuse valable… Le message est passé.

Sur le terrain, on semble revenu avec de meilleures intentions même si les occasions ne sont toujours pas au fond. La première mi-temps a permis à certains de s’initier aux chants de supporters et l’ambiance au Merval monte d’un cran. Puis explose.

(crédit vidéo, David Quéré)

Nos encouragements nourris envers Hugo Lloris ne suffisent pas au moment de stopper le péno de Stancu. Personne ne perd espoir. J’annonce qu’on gagnera quand même, sans vraiment préciser comment. Grizi est remplacé, ce qui n’est pas du goût de tous dans l’assemblée, idem pour Pogba. « C’est Giroud qu’il faut sortir, point barre ». L’ex-tourangeau n’a apparemment pas encore fermé toutes les bouches.

Dix minutes plus tard, le (très) relatif manque d’efficacité de notre numéro 9 est totalement oublié. Noyé même, sous quelques échantillons de bières et de pastis qui volent à travers le bar. Dimitri a encore tout cassé ! C’est de la FO-LIE ! Lola ne connaissait pas beaucoup de joueurs, mais « lui, c’est la Réunion mon frère, lui je le connais ! » me crie-t-elle. Comme le Stade De France, le Merval offre une standing ovation à notre sauveur au moment de sa sortie. Avant d’entamer un chant puissant « Dimitri Payet, Dimitri Payet, Di-mi, Di-mi, Dimitri Payet » ! La voix flinguée, le rendez-vous est déjà pris pour l’Albanie, mercredi, même lieu, même heure, même issue, on l’espère.

(crédit vidéo : David Quéré)

Chili-Bolivie : Toujours plus

Vidal Chili

Quelques chants français dans le métro plus tard, il était bien trop tôt pour aller se coucher, mais tout juste l’heure de la Copa América. Jeudi, l’Uruguay s’est fait sortir sans gloire suite à sa défaite 1-0 contre le Vénézuela. Je n’aime pas tirer sur l’ambulance, mais Cavani a encore sévèrement mangé la feuille de match… Vendredi donc, place à la poule D. Le Chili ouvre le bal face à la Bolivie dans un match où la défaite est interdite pour les deux équipes, sous peine de rentrer à la maison.

Au bon endroit au bon moment, Vidal (fantomatique contre l’Argentine quelques jours plus tôt) ouvre le score au retour des vestiaires. Campos lui répond à l’heure de jeu côté bolivien, d’un coup franc qui en rendrait presque jaloux Dimitri Payet. Finalement, le Chili bénéficie d’un pénalty généreux dans le temps additionnel. Vidal ne tremble pas et permet au tenant du titre de garder  son destin entre ses mains avant un match décisif pour la qualification face au Panama, mercredi prochain. En la jouant comme Payet, Vidal s’est à son tour mué en sauveur de sa patrie.

(résumé du match)

Argentine-Panama : Sauveur, héros, demi-dieu, peut-être…

Messi Argentine-Panama

Suite et fin de cette deuxième journée de Copa América pour la poule D : Argentine-Panama. En cas de victoire, les hommes de Gerardo Martino se qualifiaient pour les quarts de finale. Pas encore au top physiquement, et pas vraiment indispensable sur le papier, Leo Messi commence le match sur le banc. Sur un coup franc de Di María, Otamendi ouvre le score dès la 7ème minute, assurant un match plutôt tranquille à l’Albicéleste.

Au retour des vestiaires, le réalisateur n’a d’yeux que pour Messi, parti à l’échauffement. Arborant une inhabituelle barbe aux accents roux, la Pulga fait finalement son entrée à l’heure de jeu, remplaçant Augusto Fernández. En plein débat avec mes colocataires argentins (extrêmement neutres évidemment pour le coup) sur « qui de Messi ou Ronaldo est le meilleur ? », nous sommes interrompu par le principal intéressé : Higuaín reçoit un dégagement de la défense adverse en pleine face et se mue ainsi en passeur décisif pour son capitaine. Et de 1 pour Messi, ça fait 2-0 pour l’Argentine.

Dix minutes plus tard, Lionel se fend d’un coup franc enveloppé du gauche dont lui seul a le secret. Exceptionnel. Puis, à la 87ème minute, s’offre un slalom dans la défense adverse pour signer un triplé. Le tout alors qu’il n’a disputé qu’une petite demi-heure de jeu. Messi est un crack. L’Argentine aggravera même la marque pour s’imposer 5 buts à 0. Au moment où j’écris ces lignes, l’anglais Eric Dier marque à son tour un splendide coup franc face à la Russie. Cet été de football, déjà riche en émotions, part décidément sur de très bonnes bases.

Tags:, , , , , , , , ,

Catégories : Bleus, Copa America, UEFA Euro 2016

Auteur :Maxime Lictevout

Étudiant à Sciences Po Lille en 3A, j'ai 19 ans, toutes mes dents et une envie furieuse de devenir journaliste. J’écris ici: - https://maximelictevout.wordpress.com/ - https://blacksamerica.wordpress.com/ - http://misteur-mercato.com/

Newsletter

Cliquez sur l'un des logos ci-dessous pour être tenu au courant des dernières actualités du site

7 Commentaires le “Des vendredis comme ça, on en voudrait toutes les semaines”

  1. 13 juin 2016 à 00:20 #

    Faudrait qd même pas qu’on finisse comme le Brésil au mondial 2014. Pas du tout rassuré par l’équipe et par ce 1er match. Et puis Rami…😷 et puis Koscielny…😭 J’ai peur 😨
    Enfin merci d’avoir partager la vidéo. J’espère que ça continuera comme ça au Nerval jusqu’au 10 juillet. (espoir)

    • 13 juin 2016 à 00:21 #

      Au Merval

    • 13 juin 2016 à 00:22 #

      J’ai également préféré retenir l’engouement et la liesse à la libération du but de Payet que le niveau général du match, même si tu noteras par-ci par-là quelques piques quant à notre niveau affiché. J’espère qu’on montrera plus de sérénité et de liant contre l’Albanie même si ça ne sera que l’Albanie… et on se retrouve au merval bien sûr! 😉

      • 13 juin 2016 à 00:39 #

        Et non car je serai là semaine prochaine… en France ! Pour l’Euro ? Même pas… mais bon on va suivre ça de près en espérant ne pas assisté à la débâcle.
        Un petit article sur cet engouement soudain et totalement artificiel pour le foot dans les médias français ? Avec un parallèle avec le mondial 98 où les mêmes médias avaient degommé la sélection pour de mauvaises raisons avant de se déjuger pitoyablement après là victoire historique. Aujourd’hui c’est l’inverse… Ça y va à fond pour l’équipe : s’ils sont éliminés, il De vrais joueurs de poker ces journaleux.

      • 13 juin 2016 à 00:45 #

        Et non car je serai là semaine prochaine… en France ! Pour l’Euro ? Même pas… mais bon on va suivre ça de près en espérant ne pas assister à la débâcle.
        Un petit article sur cet engouement soudain et totalement artificiel pour le foot dans les médias français ? Avec un parallèle avec le mondial 98 où les mêmes médias avaient degommé la sélection pour de mauvaises raisons avant de se déjuger pitoyablement après là victoire historique. Aujourd’hui c’est l’inverse… Ça y va à fond pour l’équipe : s’ils gagnent, ils auront été du côté des optimistes et pourront dire « on vous l’avait dit ! » ; s’ils sont éliminés, il sera toujours temps de cracher sur les Bleus. De vrais joueurs de poker, ces journaleux.

  2. 13 juin 2016 à 02:35 #

    Bien sûr quand je dis « journaleux », je parle des médias officiels.

  3. 13 juin 2016 à 05:29 #

    Ahah j’avais bien compris dans ce sens-là, je ne l’ai pas mal pris 😉 Je sais pas si on peut dire que tous les journalistes sont comme ça, sûrement que non. Et je dis pas ça pour faire l’hypocrite qui veut devenir journaliste. Je pense que tous les médias s’y intéressent parce qu’ils sont en concurrence et que celui qui n’en parlera pas perdra des lecteurs, et donc de l’argent etc. Tout simplement. Après les journaux « généralistes » sont assez neutres pour beaucoup. Les débordements par contre, c’est plus politique, donc ça les intéresse, et ils parlent plus de ça que de système tactique etc. comme peut le faire L’Equipe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :